Quelques articles des numéros 49 et 50 de la revue NPG à propos de “Prévention et Gériatrie”

o NPG n°50 : « Prévention et Gériatrie »

« Intérêt de l?exercice physique régulier en prévention chez le sujet âgé »
K. LEFEVRE
Si ce n?est pas utile pour vos patients, pourquoi pas pour vous ? L?auteur, médecin généraliste, liste les bienfaits de l?exercice physique régulier dans plusieurs pathologies classiques (diabète, maladies cardio-vasculaires, obésité, cancers?) mais aussi dans les pathologies cognitives : « Certains auteurs ont mis en évidence que plus on pratique une activité physique, moins on est à risque de développer une maladie d?Alzheimer et ce d?autant que l?activité physique est diversifiée. » (NDLR : je n?ai pas cru lire dans plein d?ouvrages une certitude aussi grande?.le moindre risque semble venir d?un ensemble de facteurs dont on ne connaît pas encore l?importance de chacun ni les interactions).
Le rôle du généraliste devrait être amélioré au niveau du conseil afin de modifier les habitudes des seniors. Rappelons nous qu?il faut au moins 30 minutes d?exercice modéré ou intense PAR JOUR, éventuellement découpés en tranches plus courtes. Allez, un, deux, un, deux?..
« La sieste, un outil simple de prévention »
J-P RICHARD
Selon l?auteur, les bienfaits de la sieste sont nombreux : contre mesure aux dettes du sommeil, prévention des maladies coronariennes et intérêt dans la mémoire de la personne âgée? Une étude sur la mouche drosophile montre que la sieste est importante pour la mémoire sociale?D?accord, vous n?avez rien d?une mouche drosophile, quoique?.
Chez la personne âgée, la sieste permet de rattraper une partie du sommeil qui disparaît la nuit en raison de réveils plus fréquents et prolongés que chez l?adulte.
N?ayez plus honte?.Comme Napoléon, Dali ou Einstein, faites la sieste et conseillez la?.

« Démence d?Alzheimer et secret professionnel »
C. SERRE et al.
Dans cet article bien documenté (et qui donc permet d?aller au delà pour plus d?informations), les auteurs passent en revue différents moments où la notion de secret professionnel pose problème : par exemple, le diagnostic, la personne de confiance, le permis de conduire, la maltraitance ou les mesures de protection. L?article, très dense, ne permet guère de résumé, mais il présente un réel intérêt pour les médecins ET les autres soignants (dont nous faisons partie bien sûr), et cela d?autant que notre proximité dans la communication peut conduire à des difficultés spécifiques en lien avec le secret.

N°49 Mémoire, vieillissement et évaluation”


« Evolution du concept de mild cognitive impairment »
RAGUENEAU-LE NY et MEDJAHED
La connaissance du MCI est particulièrement importante pour les orthophonistes. En effet, c?est probablement un moment clé pour une prise en charge précoce à un moment où il est encore largement possible d?agir. Vous connaissez sans doute le concept du MCI, élaboré il y a une décennie par Petersen à la suite d?autres concepts comme l?oubli bénin et l?AAMI. Les auteurs de cet article en rappellent les principales composantes et particulièrement l?absence de critère de démence (versus le stade précoce de la MA). Ils listent les épreuves de bilan utiles pour les différents domaines langagiers et cognitifs.
Mais ils vont plus loin en s?intéressant aussi aux nouveau critères qui différencient plusieurs type de difficultés (MCI amnésique, multi domaine, multi domaine non amnésique) en essayant de s?appuyer sur des examens biologiques et radiologiques. Dans cette conception, le MCI est considéré comme le premier stade de la maladie d?Alzheimer, une MA prédémentielle en quelque sorte.
Un article quasiment incontournable si vous souhaitez faire des prises en charges des maladies neurodégénératives.

« Interactions entre le sujet âgé Alzheimer et son environnement »
T. ROUSSEAU et al.
Notre collègue et ami Thierry Rousseau explore depuis plusieurs années la notion de communication dans la maladie d?Alzheimer. Dans cet article, il nous propose une recherche mettant en avant la valeur communicante des troubles du comportement chez les MA institutionnalisés. Trop souvent encore, les troubles comportementaux des patients Alzheimer sont « hâtivement » uniquement rattachés à la décadence cognitive. C?est faire peu cas de ce que nous pouvons, avec un peu d?attention, observer à savoir que ces troubles du comportement n?arrivent pas au hasard mais bien dans des situations spécifiques (en particulier la toilette, les repas, la soirée). Dépourvu de communication orale (et souvent d?écoute réelle), les patients n?ont pour seule issue ces troubles agressifs ou apathiques. Dans cet article, l?accent est mis sur le regard à avoir face à ces troubles avec une grille de comportements à confronter aux situations. Un argument scientifique clair pour mieux faire comprendre en institution l?importance de la communication et donc le rôle de l?orthophoniste.